Lorsque l’on parle d’une construction en haute qualité environnementale, nous devons respecter un certain nombre de cibles.

Les voici énoncées sur cette page :

La HQE® définit 14 cibles réparties en deux groupes
Groupe 1 : Maîtriser les impacts sur l’environnement extérieur

Cibles d’éco-construction

  1. Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat
  2. Choix intégré des procédés et produits de construction
  3. Chantiers à faible nuisance (déchets, bruit, pollution) 

cibles d’éco-gestion

  1. Gestion de l’énergie
  2. Gestion de l’eau
  3. Gestion des déchets d’activité
  4. Gestion de l’entretien et de la maintenance
Groupe 2 : Créer un environnement intérieur satisfaisant

Cibles de confort

  1. Confort hygrothermique
  2. Confort acoustique
  3. Confort visuel
  4. Confort olfactif

Cibles de santé

  1. Conditions sanitaires des espaces
  2. Qualité de l’air
  3. Qualité de l’eau

 

« La 15e cible » ; Objectif transversal et permanent

Pour des raisons intrinsèques à cette cible, en aucun cas, les moyens d’atteindre les 14 cibles déjà « classiques », pas plus que le parti esthétique retenu, ne doivent contredire l’objectif de la quinzième cible qui inclut nécessairement la contribution du projet à restaurer, gérer et protéger la biodiversité. Ceci implique donc de restaurer, gérer ou – si elles existent – protéger les fonctions écopaysagères du projet, avec : 1. des zones-refuges, 2. des zones-tampons, 3. une connectivité biologique protégée ou restaurée avec l’environnement naturel, via un maillage fonctionnel de corridors biologiques.
Ces fonctions devant être intégrées

  • dans la zonation interne et externe du projet
  • et pour partie sur – et dans – l’enveloppe bâtie et les infrastructures associées,
  • là où cela est compatible avec les fonctions essentielles des différents constituants la zone, et avec la sécurité et le confort des usagers.

Remarque : Il ne s’agit surtout pas de réaliser artificiellement un coûteux arborétum ni un zoo ou une arche de Noé. Il s’agit simplement d’offrir un réseau d’espaces (d’habitats) retrouvé, reconstruit ou de substitution aux espèces qui devraient être naturellement présentes, au vu du contexte éco-paysager ou de la flore et de la faune potentielles, en veillant à ce que l’architecture soit éco-compatible.

L’objectif à moyen et long terme est celui d’une nature dont le cycle est le plus auto-entretenu possible. Il s’agit donc de durablement restaurer les conditions (dynamiques) d’entretien de la biodiversité, tout en gardant une maîtrise minimale, par exemple sur les eaux pluviales et de ruissellement et sur la végétation jouxtant ou couvrant le bâti.

Principes généraux de la 15e cible [modifier]

Un premier principe est celui de la complexité inhérente au fonctionnement des écosystèmes, vue comme condition nécessaire à la restauration ou au maintien de la Biodiversité visée par la 15e cible. Plus un milieu est complexe (creux, bosses, zones d’ombre, de soleil, sèches, humides, milieu boisé, strates herbacées, etc…), plus il est susceptible d’accueillir une faune et une flore riches et diversifiées et plus il développera de fonctions écologiques qui deviendront des « services écologiques » si l’architecte a su les prendre en compte comme telles. Le vivant se développe et se différencie en fonction de conditions particulières et souvent nécessaires. C’est pourquoi l’approche HQE cherche à développer l’offre en biotopes (naturels ou de substitution, mais adaptés au contexte local), afin qu’un grand nombre d’espèces puisse y trouver refuge, nourriture, ou simplement utiliser ces biotopes comme corridors biologiques.

Un second principe est celui de l’auto-entretien du milieu. L’écosystème doit pouvoir se stabiliser et se réguler de lui-même ou à faible coûts pour les occupants humains. L’Homme devrait n’y intervenir que le moins possible, ce qui nécessite paradoxalement, étant donné le caractère artificiel de toutes constructions groupées, dans le cadre d’un habitat répondant à la 15e cible HQE, d’établir, dès la construction voire avant elle, un plan de gestion du milieu. Il faut par ailleurs souvent des années, voire des dizaines d’années ou siècles, pour qu’un milieu perturbé par l’homme retrouve un certain équilibre.

Un troisième principe est celui du « remboursement de la dette écologique » du construit, en veillant à ce que la faune ou la flore ne posent toutefois pas de problème de compatibilité avec l’infrastructure construite en question (Ex : risque de court-circuit sur l’image ci-contre), ou ne mettent pas en péril la faune.

Un quatrième principe est celui de la sécurité pour l’Homme. À titre d’exemple, si l’on veut pour des raisons écologiques garder du bois mort dans les espaces « naturels » ou le réintroduire avec des chronoxyles, celui ci est "mis en sécurité", et surveillé de manière à éviter les accidents, tant que possible.